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À soi-même, journal d'Odilon Redon.
J’ai fait un art selon moi. Je
l’ai fait avec les yeux ouverts sur les merveilles
du monde visible, et, quoi qu’on en ait pu dire,
avec le souci constant d’obéir aux lois du
naturel et de la vie.
Je l’ai fait aussi avec l’amour de quelques
maîtres qui m’ont induit au culte de la beauté.
L’art est la Portée Suprême, haute,
salutaire et sacrée ; il fait éclore ; il
ne produit chez le dilettante que la délectation
seule et délicieuse, mais chez l’artiste,
avec tourment, il fait le grain nouveau pour la semence
nouvelle. Je crois avoir cédé docilement
aux lois secrètes qui m’ont conduit à
façonner tant bien que mal, comme j’ai pu
et selon mon rêve, des choses où je me suis
mis tout entier. Si cet art est venu à l’encontre
de l’art des autres (ce que je ne crois pas), il
m’a fait cependant un public que le temps maintient,
et jusqu’à des amitiés de qualité
et de bienfait qui me sont douces et me récompensent.
Les notes que je formule ici aideront plus à la
compréhension de cet art que tout ce que je pourrais
dire de mes concepts et de ma technique. L’art participe
aussi des événements de la vie. Ceci sera
la seule excuse de parler uniquement de moi.
Odilon Redon
S'il n'avait pas été ce
peintre du mystère, du rêve et des analogies
révélatrices, il faudrait certainement compter
Odilon Redon au nombre des meilleurs écrivains
symbolistes voire des meilleurs écrivains tout
court.
source : http://www.jose-corti.fr/titresfrancais/a-soi-meme.html
Dans les années 70, période des "noirs"
(dessins au fusain), Odilon Redon traite des sujets littéraires,
fantastiques et visionnaires où s'expriment ses
recherches métaphysiques, avant de renouer, au
début des années 80, avec la couleur. Caliban,
personnage de La Tempête de William Shakespeare,
a été un sujet d'inspiration important dans
l'oeuvre de Redon, repris dans plusieurs oeuvres dont
une peinture plus tardive (vers 1895-1900) et de petit
format, Le sommeil de Caliban (musée d'Orsay).
Initié au darwinisme et aux théories scientifiques
contemporaines sur la mutation des êtres vivants,
Redon interprète le mythe du sauvage de la renaissance
élisabéthaine à travers la représentation
de ce personnage étrange, être hybride, intimement
lié au monde végétal.
Le musée d'Orsay possède une collection
exceptionnelle d'oeuvres d'Odilon Redon grâce à
la donation d'Aïri (fils de l'artiste) et de Suzanne
Redon.
source : http://www.musee-orsay.fr
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"Que
de désillusions en approchant très près
d'un homme de génie ! Quelle illusion éternelle
et intarissable le génie garde à l'égard
des autres hommes !"
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