Odilon Redon
(1840-1916)


À soi-même, journal d'Odilon Redon.

J’ai fait un art selon moi. Je l’ai fait avec les yeux ouverts sur les merveilles du monde visible, et, quoi qu’on en ait pu dire, avec le souci constant d’obéir aux lois du naturel et de la vie.
Je l’ai fait aussi avec l’amour de quelques maîtres qui m’ont induit au culte de la beauté. L’art est la Portée Suprême, haute, salutaire et sacrée ; il fait éclore ; il ne produit chez le dilettante que la délectation seule et délicieuse, mais chez l’artiste, avec tourment, il fait le grain nouveau pour la semence nouvelle. Je crois avoir cédé docilement aux lois secrètes qui m’ont conduit à façonner tant bien que mal, comme j’ai pu et selon mon rêve, des choses où je me suis mis tout entier. Si cet art est venu à l’encontre de l’art des autres (ce que je ne crois pas), il m’a fait cependant un public que le temps maintient, et jusqu’à des amitiés de qualité et de bienfait qui me sont douces et me récompensent.
Les notes que je formule ici aideront plus à la compréhension de cet art que tout ce que je pourrais dire de mes concepts et de ma technique. L’art participe aussi des événements de la vie. Ceci sera la seule excuse de parler uniquement de moi.
Odilon Redon

S'il n'avait pas été ce peintre du mystère, du rêve et des analogies révélatrices, il faudrait certainement compter Odilon Redon au nombre des meilleurs écrivains symbolistes voire des meilleurs écrivains tout court.

source : http://www.jose-corti.fr/titresfrancais/a-soi-meme.html


Dans les années 70, période des "noirs" (dessins au fusain), Odilon Redon traite des sujets littéraires, fantastiques et visionnaires où s'expriment ses recherches métaphysiques, avant de renouer, au début des années 80, avec la couleur. Caliban, personnage de La Tempête de William Shakespeare, a été un sujet d'inspiration important dans l'oeuvre de Redon, repris dans plusieurs oeuvres dont une peinture plus tardive (vers 1895-1900) et de petit format, Le sommeil de Caliban (musée d'Orsay).

Initié au darwinisme et aux théories scientifiques contemporaines sur la mutation des êtres vivants, Redon interprète le mythe du sauvage de la renaissance élisabéthaine à travers la représentation de ce personnage étrange, être hybride, intimement lié au monde végétal.
Le musée d'Orsay possède une collection exceptionnelle d'oeuvres d'Odilon Redon grâce à la donation d'Aïri (fils de l'artiste) et de Suzanne Redon.

source : http://www.musee-orsay.fr




"Que de désillusions en approchant très près d'un homme de génie ! Quelle illusion éternelle et intarissable le génie garde à l'égard des autres hommes !"



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