Vie et oeuvre
d’Odilon Redon (1840-1916)
Source : http://www.odilonredon.net/biographie.html
1840
Naissance de Bertrand-Jean Redon, dit Odilon, le
20 avril à Bordeaux, au 24 rue Neuve Saint-Seurin (Aujourd’hui,
le 31, rue Fernand-Marin). Second fils de Bertrand Redon et de Marie
Guérin. Bertrand Redon, bordelais de naissance était
parti chercher fortune en Louisiane. Son père épousa
sa mère aux Amériques et revint en France, cinq ou
six ans plus tard alors qu'Odilon était "déjà
conçu, et presque à naître, second fruit de
son union". Ce voyage va considérablement influencer
Odilon Redon, l'artiste spirituellement appatride. Le motif récurrent
de la barque dans son œuvre est aussi à expliquer dans
cette genèse.
La famille déménagera peu après
la naissance d’Odilon pour emménager au 26 des allées
Damour (cette maison a aujourd’hui disparu). Redon écrivait
"Allées d'Amour".
1840-1851
D'une nature fragile, il est confié à
une nourrice à la campagne puis le jeune Odilon est confié
à son oncle et passe son enfance dans le domaine familial
de Peyrelebade, près de Listrac dans le Médoc. Le
domaine est un " cru bourgeois " dont les vignes qui jouxtent
le célèbre Château Clarke produisaient un excellent
vin rouge. Peyrelebade est à l’origine d’une
partie importante de l’œuvre d’Odilon Redon. C’est
là, " en plein isolement de la campagne " que les
fusains verront le jour. L’ambiance de cette terre natale
médocienne pleine de clairs obscurs et de nuances a éveillé
ces mondes étranges et ces rêveries fantasmagoriques
qui seront présents toute sa vie dans son œuvre. Les
arbres et les personnages jaillissent du tendre et humide mucilage
formé par la terre que Joris-Karl Huysmans décrira
plus tard à sa manière. Odilon observe, respire et
s'imprègne de ce pays.
1851
Scolarité en externat dans une pension de
Bordeaux. Il obtiendra un prix de dessin "avant même
que de savoir lire".
1852
Odilon Redon fait sa première communion à
l'Eglise Saint-Seurin de Bordeaux.
1855
Leçons de dessin avec son premier maître,
Stanislas Gorin, élève d’Eugène Isabey
et d’Héroult, spécialisé dans l’aquarelle.
Gorin encouragea Odilon à copier et à décomposer
les " toiles exaltée et passionnées de Delacroix
" exposées au Musée de Bordeaux. De même
Gorin lui fera découvrir les œuvres de Millet, Corot
et de Gustave Moreau. Il dira de Gorin : " c'est avec lui que
j'ai connu la loi essentielle de création... cet organisme
d'art qui ne peut être appris par règles ni formules...".

1857
Études d’architecture pour plaire à
son père. Il travaillera quelques temps sous la conduite
d'un architecte, mais il échoue à l'examen oral du
concours d'entrée. Il gardera de ces études une précision
rigoureuse dans ses dessins du vieux Bordeaux ainsi qu’une
certaine prédilection pour les formes géométriques.
"J'ai plus aisément rapproché l'invraisemblable
du vraisemblable, et j'ai pu donner de la logique visuelle aux éléments
imaginaires que j'entrevoyais".
Il se lie d’amitié avec le botaniste Armand Clavaud
qui l’initie aux sciences et à la littérature.
Il se passionne pour les thèses évolutionnistes du
naturaliste Lamarck et de Darwin sur le problème des origines,
ainsi qu’aux recherches de Pasteur sur les microbes qu'il
découvre par le truchement du microscope. Odilon Redon s’initie
aussi avec Clavaud aux épopées hindoues. Agé,
Redon dira de son mentor : "je voudrais maintenant lui donner
ma pensée résolue, et plus sûre qu'autrefois.
Il ne connut de moi que la sensibilité d'un être flottant,
contemplatif, tout enveloppé de ses rêves".
Il lit pour la première fois, " les
Fleurs du Mal " de Baudelaire, qui lui inspireront entre autres
le thème de l’Ange Déchu.
1860-1861
Participation aux expositions de la société des Amis
des Arts de Bordeaux où il expose des paysages aquarellés
fortement inspirés par les œuvres de Gorin qui lui vaudront
des critiques cinglantes.
Voyage dans les Pyrénées à Uhart chez son ami
Henri Berdoly, et en Espagne.
1862
Création de Roland à Roncevaux, une
des toute première peinture connue de l’artiste.
1863
À Bordeaux, Rodolphe Bresdin devient son
ami et l’initie à l’eau-forte et à la
lithographie. Bresdin fascine Odilon Redon et une relation maître
à élève naît. Odilon Redon apprécie
la troublante poésie des œuvres visionnaires de Bresdin
et par la miraculeuse et instinctive faculté qui était
sienne de " surélever l’esprit dans la région
du mystère ".
1864
Fait de la sculpture à Bordeaux. À
Paris, il entre à l’atelier libre du peintre académique
Léon Gérome à "l'Ecole dite des Beaux-Arts".
Mais l'incompatibilité entre le maître et l'élève
rendent cette période douloureuse. "Je fus torturé
par le professeur... Il cherchait visiblement à m'inculquer
sa propre manière de voir... ou à me dégoûter
de l'art même...
1865
Il commence une série de onze eau-fortes
en collaboration et sous la direction technique de Bresdin. Elles
seront tirées jusqu’en 1866 chez Delâtre, l’imprimeur
attitré de la société des Aquafortistes. "Le
Gué". L’influence de Delacroix et de Dauzat est
très présente dans ce style orientaliste romantique
qu’Odilon a adopté pour cette série d’eau-fortes.
Il adopte les caractères techniques de Bresdin dans ses eaux-fortes
: petits formats, taille menue, densité des volumes, compositions
très précises et riches. Il introduit aussi le fameux
clair-obscur de Rembrandt. Redon s’inspirant de Delacroix
et de ses scènes de bataille intenses peint " les Croisés
près de la Mer " qui sera repris en 1867 dans une toile
redécouverte après sa mort et vendu à Frizeau
par Ary Leblond, " Les Croisés ". Personnellement,
Redon n'a connu Eugène Delacroix seulement de vue, il lui
est arrivé de le rencontrer quelquefois, notamment un soir
au bal de l'Hôtel de Ville.
1866
Odilon Redon présente une suite de sept eau-fortes,
dessins et fusain gratifiés d’un " coup d’œil
de satisfaction " par la critique bordelaise.
1867
"Roland à Roncevaux" est reçu
par le Salon mais Redon ne l'expose pas. "Autoportrait"
1868
Il rédige des comptes-rendus du Salon parisien
de 1868 pour le journal " La Gironde ". Odilon Redon condamne
dans ses articles le surréalisme des peintres " locaux
". Pendant l’été, il séjourne à
Barbizon où il rencontre Corot. Il encourage la municipalité
de Bordeaux à acheter une série représentative
de l’œuvre de Bresdin.
1870
" Roland à Roncevaux " présentée
au 19ème salon des Arts. À la demande de son ami,
l’architecte Carré, il peint une grande fresque murale
dans une chapelle d’Arras. Pendant la guerre, Odilon Redon
comme simple soldat, participe aux combats sur la Loire. Après
la guerre, il s’installe à Paris dans le quartier de
Montparnasse. L’été, Odilon retourne fréquemment
dans la propriété familiale de Peyrelebade. La plupart
de ses fusains seront conçus cette année. Il séjourne
à l’automne en Bretagne. " Pégase ",
" L’Ange déchu ". À partir de 1870,
Odilon incline vers des développements cosmogoniques de ses
œuvres où les éléments organiques sont
remplacés par des éléments géométriques.
Premier séjour en Bretagne.
1872
Odilon Redon fréquente le salon littéraire
et musical de Madame Rayssac et y rencontre Fantin-latour et Chevanard
ainsi que le musicien Ernest Chausson et le poète Janmot.
" L’homme ailé ", " Tête d’Enfant
d’après Léonard de Vinci " (" Saint-Jean
Baptiste de la Vierge aux Rochers ").
1872
Odilon Redon travaille dans un atelier au 81, boulevard
Montparnasse. Il y travaillera jusqu'en 1877.
1874
Son père décède et laisse sa
famille démunie.
1875
Au printemps, Odilon Redon étudie les arbres
et les sous-bois à Barbizon. Au mois de juillet, il se rend
en Bretagne. De 1875 à 1880, c’est la " période
la plus angoissée " de ses " Noirs ". Le thème
du Prisonnier est souvent décrit dans ses œuvres, apparaissant
tantôt derrière les barreaux d’une fenêtre
ou isolé dans le cauchemar d’une rêverie solitaire
ou d’une hallucination démoniaque obsédante.
1876
Redon se passionne pour la lithographie et veut
réaliser une suite de planches inspirées par Pascal,
qu’il affectionne. Le projet n’aboutira pas.
1878
Premier voyage en Belgique et en Hollande où
il découvre et admire l’œuvre des Ecoles flamande
et de Rembrandt. " Rembrandt me donna des surprises d’art
toujours nouvelles. Il est le grand facteur humain de l’infini
de nos extases, il a donné la vie morale à l’ombre.
Il a créé le clair-obscur comme Phidias la ligne.
Et tous les mystères que comporte la plastique n’est
désormais possible que par lui, pour le nouveau cycle d’art
qu’il a ouvert hors de la raison païenne ". Séjour
à Uhart. Fantin-Latour initie Redon à la technique
du papier report. "Œil-Ballon", "L'esprit gardien
des eaux"
1879
Premier album lithographique d’Odilon Redon
: "Dans le Rêve", un album de dix planches "
recueil de quelques pièces anciennes variées, mais
dans lequel, prenant goût au procédé nouveau
", Redon a fait de la " lithographie de jet" . Il
se montre précurseur de la psychanalyse et cherche à
travers le rêve, la descente dans l’inconscient qui
lui permet de forer la source de l’inspiration et de décrire
son " atmosphère personnelle ". Redon commence
à aborder le thème de l’œuf primordiale,
de la spore originale : l’Hiranyagarbha, symbole de l’Esprit
Universel chez les hindous.
1880
Le 1er mai, Odilon Redon épouse Camille Falte,
jeune créole de l’île Bourbon rencontrée
dans le salon de Madame de Rayssac. Le voyage de noce a lieu en
Bretagne et Odilon Redon fait ses premiers pastels. Redon est charmé
par la jeune fille et elle admire " Le Rêveur ".
Le couple sera heureux et Camille s’occupera des marchands
et de la presse. Contacts privilégiés avec de jeunes
symbolistes belges. "J'ai trouvé dans Madame Redon,
comme un fils sacré, la barque de vie, qui m'a fair passer,
sans mourrir, les heures les plus tragiques mais occultes de mon
drame familial... "
1881
Exposition de ses fusains à La Vie Moderne
: l’accueil y est très réservé. Odilon
s’inspire de la peinture de Gustave Moreau pour son cycle
d’Orphée. Il réalise la première version
de son araignée au fusain, cet hybride d’insecte et
d’humain représente la nature manipulée et dosée
par l’homme et la science. "L'Homme Cactus", "L'Araignée
qui pleure", "Vision", "l'araignée qui
souris"
1882
Deuxième exposition de ses " Noirs "
au Gaulois à Paris. Parution de son deuxième album
: "A Edgar Poe", véritable hommage au poète
dans une série de six lithographies. Edgar Poe était
à l’époque traduit par Mallarmé et Hennequin
qui traduisit les Contes Grotesques. Odilon Redon se lie d’amitié
avec Hennequin et Joris-Karl Huysmans qui lui présente Mallarmé.
1883
Séjours en Bretagne, Les Origines paraissent,
imprimées par Lemercier et Cie, Paris. C’est un album
de huit lithographies qui retrace dans les formes mystiques de l’imagination
des poètes, la venue de l’homme sur terre. Les sept
premières planches évoquent la création du
monde. L’album ne comporte aucune légende car "
le titre était déjà très lourd ".
Il présente " Béatrix " (fusain) au Salon.
1884
De jeunes artistes font appels à Odilon Redon
pour la création du Premier Salon Libre et il préside
la réunion où fût fondée la Société
des Artistes Indépendants. Il participera aux deux expositions
suivantes. Joris-Karl Huysmans publie A Rebours avec un passage
consacré à l’art d’Odilon Redon. Son frère
Léo et sa sœur Marie décèdent à
peu de temps d’intervalle.
1885
Bresdin meurt. "L’Hommage à Goya",
un ensemble de six planches lithographiques paraît chez Dumont,
imprimé par Lemercier et Cie à Paris. Il n’y
a pas de réel attachement affectif au célèbre
peintre espagnol dans cette œuvre, mais elle contribuera à
sceller une profonde amitié entre Redon et Mallarmé,
le peintre ayant envoyé un exemplaire au poète. Mallarmé
et Huysmans ne tariront pas d’articles élogieux et
admiratifs à l’égard de cet album. Béatrice.
1886
Naissance de son premier fils, Jean, le 11 mai et
qui décédera le 27 novembre, cette expérience
douloureuse lui laissera un " mélancolique malaise "
et l’enfermera dans une crise mystique qui durera jusqu’à
la naissance de son deuxième fils. Huysmans sera présent
et entourera le couple blessé. Odilon Redon expose au Salon
des XX à Bruxelles avec Gauguin, il y présentera aussi
quelques lithographies appartenant à ses amis, le poète
Emile Verhaeren et à Jules Destrées. Il collabore
à la revue Wagnérienne avec Fantin-Latour. Il publie
" La Nuit " et prélude ainsi à l’inquiétude
traduite de l’art moderne devant les signes annonciateurs
d’une société vouée à sa perte.
Redon était très frappé par la diversité
des aptitudes de Gauguin. Un jour que des ouvriers avaient réparé
un poêle chez lui, Redon désigna à Ambroise
Vollard un morceau de tôle et lui dit : " Donnez-le à
Gauguin, il en fera un bijou". "Cain contre Abel"
1887
Il présente " Profil de Lumière
" (fusain) et rend hommage à son maître par le
portrait de Bresdin dédié à " La Vieillesse
" au Salon.
Odilon Redon se lasse d’exposer à Bordeaux car la Société
des Amis des Arts est sclérosée par des amateurs qui
lassèrent tous les peintres de l’époque.
Il exécute cette année-là une lithographie
à 25 exemplaires représentant un portrait de jeune
fille. Ce délicat portrait est le premier d’une longue
série de profils de femmes. " …Je vois en elles
toute la femme sans y trouver une femme, et c’est exquis…
".
L’Araignée est transposée en lithographie et
tirée à 25 exemplaires.
Odilon Redon exécute un frontispice pour une œuvre d’Emile
Verhaeven, " Idole ".
Pour le monodrame en cinq actes d’Edmond PICARD, "Le
Juré", Odilon Redon compose sept lithographies ainsi
qu’un des deux portraits gravés hors-texte, l'autre
étant réalisé par Théo van Rysselbergue
; chaque lithographie, tirée sur Japon impérial est
protégée par une serpente avec légende imprimée
; typographie en deux couleurs, noir et sépia. Le tirage
de cette première édition qui a lieu à Bruxelles
est effectué 100 exemplaires sur papier Hollande, quelques
exemplaires nominatifs seront aussi tirés.
1888
Première série de lithographies pour
la Tentation de Saint-Antoine de Flaubert. Cette série comprend
dix lithographies. Le cycle complet comprendra 42 lithographies
en trois albums. La plume grandiloquente de Flaubert a été
respectée et se trouve être une mine d’inspiration
pour Odilon Redon qui y trouve une source de mystères et
de nouveaux monstres quasiment intarissable.
Formation du mouvement des Nabis qui se réclament de Gauguin
et de Redon.
1889
Second album consacré à l’œuvre
de Flaubert " La Tentation de Saint Antoine " : A Gustave
Flaubert. . Cette série comprend six lithographies.
Odilon Redon participe à la première exposition des
Peintres-Graveurs chez Duran-Ruel.
Il fait la connaissance d’André Mellerio, son futur
biographe, qui le présente à Maurice Denis et au groupe
des Nabis.
Naissance de son fils Arï le 30 avril, Arï né et
est baptisé le 4 Août à Samois.
Le " Sommeil " où la main obture les yeux, est
inspiré de ces vers :
" Là-bas au pays noir que nul chemin ne longe,
Idole que vois-tu, loin du morne soleil ? "
Odilon Redon exécute un frontispice pour les " Débâcles
" d’Emile Verhaeven.
1890
Contacts plus étroits avec Gauguin. En février,
il expose au salon des XX à Bruxelles invité par les
Expressionnistes nordiques. Il abandonne peu à peu les "
Noirs " au fusain, au profit de la clarté du pastel
et de la peinture, mais sans rupture toutefois. "J'ai fait
un art selon moi." Le village breton"
Vollard écrira : " Les plus admirables
lithos de Redon tirées à vingt-cinq ou trente exemplaires
se vendaient sept francs cinquante pièce, elles devaient,
dix années durant, ne pas dépasser ce prix."
La fréquentation de coloristes comme Vuillard
et Bonnard a contribué. Armand Clavaud se suicide le 1er
décembre, Odilon Redon est bouleversé par " l’inexorable
", " … Sa mort me laissa un malaise… ".
" Les Yeux clos " démontre que ceux-ci ne savent
plus s’ouvrir si ce n’est sur les ténèbres.
Cette œuvre sera la première acquisition des musées
nationaux.
Odilon Redon exécute un frontispice pour les " Flambeaux
Noirs " son ami Emile Verhaeven. Il édite en Belgique,
les " Fleurs du Mal " composé de neufs planches
" d’interprétations ". Chaque illustration
demeure fidèle au style baudelairien, mais la technique d’impression
a été inventée par Evely et consiste à
une reproduction par plaque de cuivre.
Il rencontre Vuillard à Villeneuve-Saint-Georges chez les
Natanson. Les Yeux-Clos.
1891
Odilon Redon publie Les Songes, dédié
à Armand Clavaud qui avait tant contribué à
former sa pensée. Jules Destrée publie le premier
catalogue de son œuvre lithographique à Bruxelles. "
Le Jour " (Lithographie). Après le départ de
Gauguin, Odilon Redon prend une place prépondérante
chez les nabis qui fréquentent tous son salon de l’avenue
Wagram à Paris. Maurice Denis évoque l’influence
de Redon sur son groupe : " Avant l’influence de Cézanne,
à travers Gauguin et Bernard, c’est la pensée
de Redon, par ses séries de lithographies et ses admirables
fusains qui détermina dans un sens spiritualiste l’évolution
de l’art en 1890 ".

1892
Roger-Marx analyse la portée du symbolisme
d’Odilon Redon dans le journal Voltaire. IVème Exposition
des Peintres Graveurs à la galerie Duran-Ruel. "La Cellule
d'or", "Saint Jean-Baptiste", "Saint Jean"
"Cellule dorée"
1893
Odilon Redon participe au salon de la Libre Esthétique
qui a succédé au salon des XX à Bruxelles.
Il y participera jusqu’en 1914. Grâce à André
Bonger, l’art de Redon est diffusé en Hollande et connaît
une extraordinaire renommée. "La Druidesse",
1894
En avril, Durand-Ruel organise une exposition rétrospective
de son œuvre, où sera exposée notamment une lithographie
des Yeux Clos (n° 108). Lithographie " Hantise ",
le premier état est rarissime car Odilon n’avait pas
réussi à le retoucher. Mellerio (1894, Mellerio 1923,
n° 128) le décrit : " Odilon Redon avait dessiné
une sorte de Marguerite de Faust, marchant comme hypnotisée
par Méphisto, qu’on apercevait derrière elle
en la poussant en avant ". Dans le second état, complétement
modifié, Mephisto est remplacé par " trois larves
bizarres ". À partir de cette année, une vague
de catholicisme déferle sur la France et Redon en sera quelque
peu influencé.
1995
Il confie dans une lettre à Emile Bernard
: " …Je délaisse de plus en plus le noir. Entre
nous, il m’épuisa beaucoup ". Odilon Redon se
lie d’amitié avec Bonnard.
Voyage à Londres.
1896
Parution de deux albums lithographiques : "
La Maison Hantée " d’après un texte de
Bulwer-Lytton et une troisième série sur la Tentation
de Saint-Antoine de Flaubert. Cette dernière série
d’estampes est la plus importante avec 24 planches où
Redon " recherche une simplification dans les jeux de ligne
". Anecdote intéressante, la planche XVII est la seule
lithographie de l’œuvre du peintre abordant le thème
du Char d’Apollon. Première apparition d’Oannès.
1897
D’avril à Novembre, Odilon Redon séjourne
à Peyrelebade avant de vendre le domaine suite à un
désaccord entre frère et de partir en septembre à
la Villa Goa, qu’il surnommera la Villa Goya, à Saint-Georges
de Didonne, sur l’embouchure de la Gironde, près de
Royan et y poursuit son œuvre de paysagiste. "La Sulamite"
1898
Exposition chez Ambroise Vollard : un succès.
Odilon Redon passe l’été à Saint-Georges
de Didonne. Mallarmé décède le 9 septembre
1898 à Valvins. "Orphée"
1899
Ambroise Vollard commande "l’Apocalypse
de Saint-Jean" qui sera la dernière grande suite lithographique
du peintre. L’album est composé de douze lithographies
avec frontispice. Odilon Redon y travaille une dernière fois
le Noir et évolue vers le lyrisme des couleurs et de la lumière.
La galerie Duran-Ruel présente un " hommage à
Odilon Redon " et autour de ses œuvres sont présentées
celles des Nabis. En fait toutes les tendances néo-impressionnistes,
synthétistes ou indépendantes y sont représentées.
"Femme au châle jaune"
1900
Maurice Denis peint " l’Hommage à
Cézanne ", où Redon y est représenté
debout devant une toile de Cézanne, entouré de jBonnard,
Vuillard, Roussel, Sérusier, Mellerio et Vollard. En fait
Redon y est l’aîné, le maître, l’intercesseur
entre les jeunes du groupe Nabis et le révolté d’Aix.
"Jeanne d'Arc".
Vollard veut publier sans y parvenir " Un
coup de dés n’abolira jamais le hasard " de Mallarmé,
illustré par Redon, qui était paru en mai 1897 dans
la revue Cosmopolis. En fait Redon et Mallarmé ont travaillé
ensemble tout l’hiver de 1897-1898 pour sortir ce recueil
composé d’une série de quatre lithographie et
que Vollard devait publier. Mallarmé décède
le 9 septembre 1898 et Redon interrompit son travail. Les trois
premières planches furent vendues en feuilles séparées
et la quatrième se perdit. Une sanguine des Yeux Clos de
la collection Pontremoli est exposée à Paris à
la Centennale de l’Art Français (N°1281).
Exposition Odilon Redon à la galerie Duran-Ruel.
Redon voyage en Italie avec Robert de Domecy.
1901
Odilon Redon se lie d’amitié avec Gustave
Fayet, originaire de la région de Béziers et issu
d’une famille de riches viticulteurs. Vuillard séjourne
avec Odilon Redon à Saint-Georges de Didonne. Il exécute
des peintures décoratives chez Ernest Chausson à Paris,
et séjourne en Bourgogne au Château de son ami et mécène,
Robert de Domecy. Il participe au Salon de Libre Esthétique
à Bruxelles et Salon de la Société Nationale
des Beaux-Arts à Paris. "Madame Fontaine"
1902
Odilon Redon continue d'exécuter des décorations
chez Robert de Domecy chez Ernest Chausson.
1903
Odilon Redon est présenté par son
ami d’enfance le peintre Charles Lacoste à Gabriel
Frizeau. Une amitié sincère naît entre le peintre
et le mécène bordelais passionné d’art
et de belles lettres. "Flower Clouds", "Bouquet de
fleurs", "Orphée"
1904
Une salle lui est entièrement consacrée
au Salon d’Automne au Petit Palais, comportant 62 œuvres.
Le Musée du Luxembourg acquiert " Les Yeux Clos ".
Inspiré par le modèle Alphonsine Zabé, Redon
aborde dès le mois de janvier le thème du nu féminin
avec Eve où le contour enveloppe la nudité du modèle.
" La méditation de Bouddha ", " Portrait de
Madame Frizeau ", " Fond de mer ", "Baigneuse".
1905
Il s'installe au 129, avenue de Wagram à
Paris. Exécute des travaux de décoration pour son
ami Robert de Domecy. "The Bouddha", "Les pensées"
1906
Salon d’Automne de Paris. "Bateau rouge
à la voile bleue"
1907
Odilon Redon, pour essayer de racheter Peyrelebade,
organise une grande vente aux enchères de ses œuvres
à Drouot. Exposition personnelle au Kunstzaal Reckers de
Rotterdam.
Voyage en Suisse pendant l'été.
1908
Odilon Redon voyage à Venise et en Italie
en avril accompagné de sa femme, de son fils et d’Arthur
Fontaine. Il réalise ses premiers cartons de tapisserie pour
la manufacture des Gobelins à la demande de Gustave Geffroy.
Il rend hommage à Bresdin au Salon d’Automne et écrit
la préface du catalogue. " Vitrail " (collection
Frizeau). Le Vitrail
1909
Il passe l’été à Bièvres
après le décès de Juliette Dodu, la demi-sœur
de sa femme. N’ayant pas pu racheter la villa de sa belle-sœur,
Redon loue une belle villa, La villa Juliette où désormais,
il passera les étés. À Bièvres, le peintre
trouve le calme, la plénitude et recommence à peindre
de grands arbres.
Gustave Fayet acquiert une des dernières
versions du " Char d’Apollon ", thème repris
sur le panneau " Le Jour " de l’Abbaye de Fontfroide.
1910
Il décore la bibliothèque de l’Abbaye
cistercienne de Fontfroide pour Gustave Fayet. L’Abbaye fût
jusqu’au XVIIIème siècle le centre culturel
du Languedoc puis mis à l’abandon. Arï fait son
service militaire à Versailles. Redon peint de nombreux papillons
comme sur le panneau " La Nuit ". Ils sont signes de métamorphoses
et Redon se plait à faire éclater les chrysalides
en " fleurs ailées de lumières ". Le peintre
se plaît aussi à semer ses fleurs pour pouvoir ensuite
composer de somptueux bouquets qu’il peindra. Redon finit
les cartons de certains meubles pour la manufacture des Gobelins.
"Pandora"

1911
Tissage des premiers modèles d’Odilon
Redon.
1912
" Parsifal ", "Profile et fleurs",
"Le coquillage", "Le sphinx rouge"
1913
L’Armory Show présente quarante de
ses œuvres au continent américain à New York
(International exhibition of Modern Art), Chicago et à Boston.
Le "Nu descendant un escalier" de Marcel Duchamp crée
un scandale.
André Mellerio publie le catalogue de son œuvre gravé
et lithographié.
1914
Arï est mobilisé pour la Guerre. Hommage
à l'Alsace, envahie et meurtrie : Odilon Redon qui a combattu
en 1870 prend violemment parti contre l’Allemagne. "Le
cyclope"
1915
Paintings by Odilon Redon au John Herron Art Institute
d’Indianapolis et Second Exhibition of Contemporary French
Art à la Caroll gallery de New York.
1916
Odilon Redon meurt le 6 juillet à Paris.
La " Vierge ", une huile sur toile est laissée
inachevée sur le chevalet de l’artiste.
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