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Malgré son succès, le peintre américain
Edward Hopper a toujours mené une existence simple
avec sa femme Joséphine. Né en 1882 à
Nyack dans l’état de New York aux Etats-Unis
et décédé à New York en 1967,
il connaît un franc succès dans les années
1920 mais conserve cependant son petit studio new-yorkais
durant toute sa vie. Cette existence modeste lui aurait-elle
permis de peindre la civilisation de son temps avec autant
d’humanité et de sensibilité ? Car
en effet, derrière les icônes américaines
de ses tableaux , c’est bien la vie moderne que
l’on retrouve et particulièrement ce qu’elle
a d’ingrat.
Edward Hopper reste fasciné par l’isolement,
l’absurdité, ou encore l’architecture
américaine, mais on remarque aussi aisément
son obsession pour les nus féminins. Pour Hopper
les choses sont ce qu’elles sont et ainsi , il ne
laisse aucune place dans son œuvre aux rêveries
ou à l’illusion. Il n’exprime aucune
utopie, ce qui lui permet de dépeindre un certain
pathétisme américain, s’opposant ainsi
au régionalisme excessif si courant dans son pays.
D’ailleurs, le contenu de ses œuvres n’évolue
que très peu durant sa carrière. C’est
uniquement le côté psychologique qui, dans
les premiers temps dissimulé par des conventions
picturales façonnées par ses trois voyages
en Europe, va se laisser entrevoir dans ses œuvres
plus tardives. Si l’on devait rattacher Hopper à
un courant, il serait certainement un mélange de
précisionnisme, dans le réalisme des détails,
et de luminisme. Mais paradoxalement, cette lumière,
qui caractérise tant sa peinture, dégage,
même si elle reste apaisante, beaucoup de désespoir.
Ainsi, cette vision bien particulière de Hopper
et sa distance avec les courants d’avant-garde américains
et européens, ne l’auront pas empêché
d’inspirer entre autres, le Réalisme américain,
le Pop art et l’Hyperréalisme. On note également
une double influence avec le cinéma, notamment
pour ce qui concerne le cadrage. Enfin, malgré
qu’il y soit peu connu, la passion qu’Edward
Hopper entretient pour l’Europe, lui donne cet aspect
si proche de la vision européenne des Etats-Unis
d’Amérique.
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Edward
Hopper
…
Hopper est tout simplement mauvais.
Mais s’il était un meilleur peintre, il
ne serait probablement
pas un aussi grand artiste.
Clément Greenberg
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